PROSPECTIVE

Combien  valent les  services rendus par la nature ?

Après Nagoya en 2010, une nouvelle conférence des Nations Unies, consacrée à la biodiversité s’est tenue à l’automne en Inde.

«  Agriculteurs ou consommateurs devraient-ils payer pour les services de pollinisation rendus par les abeilles ou pour la pluie en forêts tropicales ? »*telle est la question qui a été posée en marge de la conférence de l’ONU sur la Biodiversité qui s’est tenue à Hyderabad dans le sud de l’Inde en octobre 2012.  A mesure que les problèmes écologiques se traduisent en coûts financiers pour les entreprises ou la collectivité, le travail de valorisation des services rendus par la nature a débuté. Et les sommes en jeu sont telles, que la question du « qui va payer ? » finira bien par se poser. Quand ? Tout simplement quand nous serons contraints de trouver une alternative humaine ou technique aux services rendus par la nature. Le jour où les abeilles ne seront plus suffisantes en nombre pour assurer le travail de pollinisation essentiel à la survie de l’humanité, alors agriculteurs et consommateurs devront payer ce service…

L’économiste indien Pavan Sukhdev(1) est un ardent défenseur d’une valorisation des services rendus par les écosystèmes. Son approche est simple : « pour faire comprendre aux décideurs à quel point la biodiversité est importante, vous devez leur montrer la valeur en dollars des services fournis par les écosystèmes que leur économie est en train de perdre à cause de leur mauvaise gestion ou de la disparition de la biodiversité ».

Son étude, publiée en octobre 2012, conclut à la nécessité de dépenser 4 milliards de dollars par an pour réduire le risque d’extinction de toutes les espèces menacées et 76 milliards de dollars pour gérer durablement les sites terrestres stratégiques en matière de biodiversité. Un coût annuel de 80 milliards de dollars pour l’humanité, qui ne représente au final que 0,0005% de la dette américaine évaluée à plus de 16.000 milliards de dollars ! Un montant bien faible au regard des conséquences écologiques et financières qui découleront de l’inaction. « Le coût de l’inaction est quelque chose que les gens commencent seulement à évaluer », a souligné à Hyderabad le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Achim Steiner.(2)

Reste une question cruciale : Comment donner un prix à ce qui n’en a pas ? Dominic Moran, professeur en économie de l’environnement au Rural College en Ecosse avance une idée :

«  si les ressources sont confiées à des communautés ou à des pays en particulier, qui en seraient les propriétaires, ils auraient alors le droit de les facturer. Ce serait une incitation à gérer durablement ces ressources sur le long terme. » Une véritable révolution de notre vision économique, encore trop enracinée dans les dogmes du passé. « Les ressources naturelles sont inépuisables, car sans cela nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées, ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques » nous disait ce cher Jean baptiste Say (3).

(1) extrait de l’article paru dans Le Monde (avec AFP)  le 15.10.2012
(2) Le Monde.fr avec AFP | 17.10.2012 à 13h46 • Mis à jour le 17.10.2012 à 17h22
(3) -  Cours d’économie politique pratique, 1815.

 

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