L’utopie, mode d’emploi – Par Sandrine Roudaut

Parce que les recettes actuelles sont insuffisantes voire contre-productives, il fallait inventer autre chose.

Un jour un constat apparaît, clairement, affolant. L’arsenal RSE, DD, consommation responsable est impuissant. Le green business, la troisième révolution industrielle, les normes iso, les écolabels, les indicateurs, les achats responsables, les taxes, les bonus et tout ce qui s’accumule sont des illusions. Elles ne sont pas toutes inutiles, mais elles sont largement trop faibles au regard des enjeux à relever. Pire elles nous endorment. Elles nous donnent l’impression de reprendre la main : la croissance peut être verte, le marketing peut être responsable. Nous sommes sauvés. On ergote sur les termes, on échafaude des référentiels compliqués, on applique des process, on se rassure avec de nouveaux concepts et quelques gourous. On en oublie le pourquoi. On en oublie l’urgence. Et surtout on en oublie l’exaltation d’un monde neuf à inventer.

Et pendant ce temps-là… nos comportements n’ont pas changé fondamentalement, ou pas durablement, pas suffisamment. Le déni ou l’indifférence perdurent malgré des constats indéniables. Les personnes engagées continuent à être confrontées aux mêmes réactions hostiles, aux railleries sur les bobo, les ayatollahs écolos ou l’incontournable «retour à la bougie ». Pourquoi de telles réactions alors qu’il s’agit juste de proposer quelque chose de mieux ? Comment expliquer aussi le découragement, le fatalisme, la résignation alors que des solutions existent, formidablement transformatrices ? L’utopie est réalisable. En fait il suffirait de comprendre ces freins essentiellement psychologiques pour contrer l’inaction. Juste cela. De là est partie une recherche passionnante.

L’utopie Mode d’emploi s’adresse aux bâtisseurs d’un nouveau monde, portés par l’envie de réaliser ce qui ne l’a jamais été. Ce livre vous invite à explorer plusieurs questions. Qu’est-ce qui nous freine et nous empêche de changer ? Comment surmonter ces résistances ? Pourquoi ce que l’on nous propose comme arsenal DD et RSE ne peut pas fonctionner ? Que deviennent les marques et le marketing ? Comment la société évolue-t-elle ? Quelles sont les attentes de l’individu d’aujourd’hui ? Y a-t-il des populations « irrécupérables » ? Les révolutions technologiques sont-elles favorables à un monde soutenable et désirable ?

C’est dans ce cadre psychologique et sociologique que j’en suis venu à imaginer « l’expérimentation radicale ». C’est à la fois une posture, une vision et un mode d’action. C’est une façon de pensée résistante et créative, portée par un idéalisme transformateur, avec une démarche d’expérimentation continue. L’expérimentation radicale permet d’accepter l’imperfection, elle libère l’imaginaire et l’audace. Elle explore à son tour plusieurs questions. Que faut-il favoriser comme qualités et fonctionnements ? Comment imaginer des solutions inédites, en dehors du cadre ? Quels nouveaux comportements peuvent accélérer la transformation ? Quels scénarios, quel design pour donner envie et être adopté ? Comment communiquer pour engager les acteurs du changement, pour que les solutions inventées touchent le public ?

J’ai commencé ce livre dix-huit mois plus tôt par une interrogation sur notre capacité à changer, empreinte d’un peu de découragement. Je l’achève aujourd’hui avec confiance et enthousiasme. Notre pouvoir collectif est immense. Il ne faut pas attendre des élites qu’elles montrent la voie. Des centaines d’expérimentations existent, aucune n’est parfaite à elle seule, mais chacune à son rôle : sensibilisation, contrepouvoir, réduction d’impacts, première étape d’un processus, échec fécond pour mieux rebondir et découvrir les vertus du collectif… Au terme de cette réflexion, je suis convaincue de deux choses. L’utopie est nécessaire. Et elle est réalisable. Il y a un terreau favorable. La nouvelle société du lien, l’individu complexe qui la compose, la génération Y, les femmes, les Alter, le « français moyen », les résistances ordinaires, les consommations émergentes, le numérique et l’esprit collaboratif sont de vraies raisons d’espérer. Les facteurs de blocage sont réels, mais il existe des antidotes. Il y a des inspirations radicales, des modes de management, des savoir-être, des façons de penser, des types de design, des agents de métamorphose, une manière de communiquer, qui sont autant d’armes.

Petit rappel «L’utopie n’est pas l’irréalisable, mais l’irréalisé.» Théodore Monod

L’utopie, mode d’emploi propose l’expérimentation radicale

pour libérer l’inspiration, s’autoriser à inventer autre chose, convaincre et modifier durablement les comportements.

Retrouvez le sommaire détaillé des chapitres et des illustrations sur www.lamersalee.com

  1. Pour véritablement changer, il va falloir s’affranchir de la RSE, du DD et de la consommation responsable
  2. Contre toute attente une nouvelle société émerge, sous l’impulsion de citoyens en avance sur leurs élites
  3. Abandonnons nos vieux logiciels de pensée, au profit de l’expérimentation radicale
  4. 9 impulsions pour des perspectives radicales
  5. Proposer des scénarios qui nous transforment et un design empathique
  6. La communication co-engageante, pour que la contagion prenne
  7. Quels sont les mots justes pour bien communiquer ?

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Mise en page et impression réalisées à moins de 5 km. Papier issu de forêts gérées durablement. Une partie des droits d’auteur est reversée à Pur Projet.

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