#BlackFriday Chronique d’une éditrice paumée

Se taire pour laisser les autres hurler ? #coulisses #édition #dilemne #Malaise

Je suis (entre autres) éditrice. J’ai passé des heures à écrire, concevoir une newsletter, importer mes mails, prendre des photos… entre temps le black friday a déboulé… et j’arrête tout.
La surconsommation me terrifie, c’est un coup d’accélérateur pour aller droit dans le mur, les ruées américaines et britanniques sont une gifle à la civilité… Est-ce que j’y participe ? Evidemment non, puisque nous, comme d’autres, essayons d’inventer le monde à rebours de celui du Black Friday, Mais je vais arriver dans des boites mails assaillies avec toute la pollution que cela induit…

Soudain j’ai presque honte de vendre des livres.

Voilà un des effet pervers du black friday…
Je fais quoi ? Un livre est écrit, accompagné, mis en page, imprimé, diffusé, communiqué pour être lu….pour faire du bien, avoir un sens. Ces livres là diffusent d’autres idées, provoquent des déclics, à l’opposé du black Friday. Ils font travailler des acteurs locaux et nous replantons des arbres.
Alors quand j’ai vu le clin d’oeil Twitter de Thomas Huriez et 1083 , cela m’a redonné de la fierté. 🙏🏻
Je me suis dit qu’on devait être nombreux à se taire pour laisser les autres hurler.
J’ai pensé à toutes ces entreprises qui ne peuvent pas se permettre de faire de tels “discounts” parce que c’est impossible économiquement sans prendre de risques humains ou économiques, sans baisser les salaires, sans polluer, sans faire du jetable.

A tous ceux qui tentent d’inventer le monde post BlackFriday soyons fiers !

NB: Sur le prix du jean. A ceux qui diront ah mais oui mais c’est cher. Non c’est le prix juste, celui qui permet aux gens de vivre correctement et de ne pas piétiner les ressources de nos enfants. Quand on a un jean @1083 , ou des chaussures VEJA , ou des fringues Les Trésors Partagés -Concept store éthique- on les garde longtemps, on n’a absolument pas le même rapport à ces fringues là. Au final dans la frénésie compulsive du black friday, ces 89€, le prix de ce jean, sera dépensé en 2/3 trucs banals, avec des conséquences bien différentes. Le prix est très relatif… On peut penser qu’un livre c’est cher, moi je trouve que les cigarettes c’est un luxe. Mais je peux comprendre que le prix soit un frein, alors on peut aussi ne rien acheter, acheter d’occasion, échanger, recoudre…

Mise à jour 2018 :

Notre premier thriller écologique Siècle Bleu vient tout juste de sortir en librairie, il est impératif pour nous de le soutenir maintenant (un livre ne reste pas longtemps en librairie s’il n’y a pas de mouvement dans les 3 premières semaines) … donc nous allons laisser hurler la meute et on en parle après… Certains prennent le contre-pied à coup de #greenfriday en reversant 15% de leur CA du jour à des ONG, l’édition indépendante, locale, écolo n’en a pas les moyens et ce serait encore trop de considération pour ce vendredi noir qui porte bien son nom. Alors comme le dit @Veja ce vendredi est un non évènement c’est Just friday.

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